Le blogue de l'Église catholique de Québec

lundi 16 juin 2008

Face à la crise alimentaire actuelle, le Cardinal Ouellet nous interpelle

 

Dans son homélie de la messe de ce matin qu'il a présidée, et à la suite du trop bref mais très apprécié témoignage de Jean Vanier, le Cardinal Ouellet nous a tous interpellé, et surtout les décideurs politiques et économiques, pour une plus grande justice vis-à-vis les pauvres qui subissent les effets catastrophiques du prix exorbitant des denrées alimentaires de base comme le riz et le maïs. Il a lancé un appel pour une action immédiate pour venir en aide aux affamés du monde qui crient vers les plus nantis dont nous sommes. Je me permets de citer textuellement les paroles du Cardinal Ouellet dans ce passage percutant et aux accents dramatiques:


«Nous célébrons ce grand Congrès eucharistique au moment où s'abat sur l'humanité une crise alimentaire soudaine et désastreuse. Certaines denrées de base comme le riz et le maïs ont doublé ou triplé de prix en quelques semaines, au désespoir des pauvres qui n'ont plus la capacité d'acheter les denrées à des prix exorbitants. Cette situation est intolérable. Une action rapide et concertée des instances gouvernementales et des Nations Unies est nécessaire et urgente pour secourir les affamés et rétablir l'équilibre dans la production alimentaire et dans les échanges commerciaux.


Prions pour que le sens de la justice prévale sur l'appât du profit chez ceux qui détiennent le pouvoir économique.


Nous mêmes qui célébrons le Pain descendu du ciel, le Don de Dieu pour la vie du monde, nous ne pouvons pas nous rassasier de ce Pain de vie sans nous préoccuper du sort des affamés.


Cherchons à connaître les causes de cette crise alimentaire et à réclamer une action politique tout en nous engageant pour une plus juste circulation des aliments de base, sans oublier l'eau, afin que les plus pauvres ne soient pas exclus de la table commune.»


Comme quoi, nos célébrations eucharistiques, dont celles du CEI 2008, doivent nous amener à porter nos regards vers la partie trop grande de l'humanité qui souffre de la faim notamment et surtout nous conduire à nous engager concrètement et rapidement dans le sens présenté par le Cardinal Ouellet.



mardi 10 juin 2008

Cohérence eucharistique

 

«Cohérence eucharistique», c'est le titre du paragraphe 83 de l'Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis du pape Benoît XVI sur L'Eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l'Église.


Comme dans le thème du Congrès eucharistique, L'Eucharistie don de Dieu pour la vie du monde, le thème de la vie et de son lien avec l'Eucharistie sont évoqués tout au long de l'Exhortation Sacramentum Caritatis, notamment au paragraphe 83 qui se présente comme suit:



«83. Il est important de relever ce que les Pères synodaux ont appelé cohérence eucharistique, à laquelle notre existence est objectivement appelée. En effet, le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales: il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié.»




dimanche 8 juin 2008

«Suis-moi» (Mt 9, 9)

 

Aujourd'hui, dans l'Évangile, le Seigneur appelle Matthieu le publicain qui deviendra ainsi l'un de ses Apôtres et l'auteur du premier Évangile.

Appel de Matthieu par Caravage


«Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : «Suis-moi.» L'homme se leva et le suivit.» (Mt 9, 9)

 

Cet appel du Seigneur est aussi adressé à chacun et chacune de nous, peu importe le milieu où nous nous trouvons, peu importe aussi l'état de notre coeur. La réponse de Matthieu est à la fois exemplaire et imitable. Suivre Jésus ne comporte pas nécessairement des gestes d'éclats aussi marquants que ceux de Matthieu, mais c'est souvent dans les petits gestes du quotidien faits avec amour que nous pouvons tous et toutes nous mettre à la suite de Jésus.





jeudi 5 juin 2008

L'Eucharistie est toujours célébrée ''sur l'autel du monde''

 

Dans sa Lettre Encyclique Ecclesia de Eucharistia, le Pape Jean-Paul II, en évoquant ses célébrations eucharistiques,  écrit au paragraphe 8 :


Ces cadres si divers de mes Célébrations eucharistiques me font fortement ressentir leur caractère universel et pour ainsi dire cosmique. Oui, cosmique! Car, même lorsqu'elle est célébrée sur un petit autel d'une église de campagne, l'Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l'autel du monde. Elle est un lien entre le ciel et la terre. Elle englobe et elle imprègne toute la création. Le Fils de Dieu s'est fait homme pour restituer toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l'a tirée du néant. C'est ainsi que lui, le prêtre souverain et éternel, entrant grâce au sang de sa Croix dans le sanctuaire éternel, restitue toute la création rachetée au Créateur et Père. Il le fait par le ministère sacerdotal de l'Église, à la gloire de la Trinité sainte. C'est vraiment là le mysterium fidei qui se réalise dans l'Eucharistie: le monde, sorti des mains de Dieu créateur, retourne à lui après avoir été racheté par le Christ.




vendredi 30 mai 2008

«Je suis doux et humble de coeur» (Mt 11, 29)

 

En cette journée de la fête du Sacré-Coeur de Jésus, - et dans l'intensité des derniers préparatifs du CEI 2008 -, voici une belle hymne à méditer de la Liturgie de Heures de ce jour (Office des lectures) :


Le Fils bien-aimé,

L'Agneau sans péché,

Prend nos chemins:

Saurons-nous suivre le sien?


Sa gloire humilié,

Son coeur transpercé,

Montre la voie:

Saurons-nous prendre sa croix?


Tandis qu'il passait,

La crainte en secret

Nous a saisi:

Saurons-nous perdre nos vies?


Oh! viens dans nos coeurs,

Esprit du Seigneur,

Don sans retour,

Pour qu'en nous règne l'amour!



dimanche 25 mai 2008

Se réunir, marcher et se prosterner devant Celui qui s'est abaissé jusqu'à nous

 

C'est autour de ces trois thèmes que gravite l'homélie du Saint-Père Benoît XVI prononcée à Rome jeudi dernier en la Solennité du Corps et du Sang du Christ, appelée aussi Fête du Saint Sacrement ou Fête Dieu, que nous célébrons au Québec aujourd'hui. Voici quelques extraits de cette belle homélie du Saint Père :



- Quelle est la signification propre de la Solennité de ce jour, du Corps et du Sang du Christ. La célébration que nous faisons nous le dit elle-même, dans le déroulement de ses gestes fondamentaux : avant tout, nous sommes « réunis » autour de l’autel du Seigneur, pour « nous trouver ensemble » ; en deuxième lieu, il y aura la procession, c’est-à-dire « marcher ensemble avec le Seigneur», et enfin « s’agenouiller devant le Seigneur », l’adoration, qui commence déjà dans la Messe et accompagne toute la Procession, mais qui culmine au moment final de la Bénédiction Eucharistique, quand tous se prosterneront devant Celui qui s’est abaissé jusqu’à nous et qui a donné sa vie pour nous. Arrêtons-nous brièvement sur ces trois attitudes, pour qu’elles soient vraiment expression de notre foi et de notre vie.


- Le premier acte, donc, est celui de se « réunir » en la présence du Seigneur. C’est ce qui s’appelait anciennement « statio ».

- (...) nous sommes venus et nous nous trouvons les uns à côté des autres, unis par la foi et appelés à devenir un corps unique en partageant le Pain unique qu’est le Christ. Nous sommes unis au-delà de nos différences de nationalité, de profession, de niveau social, d’idées politiques : nous nous ouvrons les uns aux autres pour devenir une seule chose à partir de Lui. Dès les tout débuts, cela a été une caractéristique du christianisme réalisée visiblement autour de l’Eucharistie, et il faut toujours veiller pour que les tentations de particularisme qui se répètent, même si elles sont de bonne foi, n’aillent pas, de fait, dans un sens opposé. C’est pourquoi la « Fête-Dieu » nous rappelle avant tout ceci : que, être chrétiens, cela veut dire nous réunir, de tous les endroits, pour être en présence de l’unique Seigneur, et devenir en Lui une seule chose.



- Le deuxième aspect constitutif c’est le fait « de marcher avec le Seigneur ». C’est la réalité manifestée par la procession, que nous vivrons ensemble après la Sainte Messe, comme un de ses prolongements naturels, en nous déplaçant derrière Celui qui est la Vie, la Voie. Avec le don de Lui-même dans l’Eucharistie, le Seigneur Jésus nous libère de nos « paralysies », il nous fait nous remettre debout, il nous fait « procedere », c’est-à-dire qu’il nous fait faire un pas en avant, et puis un autre pas, et ainsi, il nous met en chemin, avec la force de ce Pain de la vie.

(...) L’Eucharistie est le Sacrement du Dieu qui ne nous laisse pas seuls sur le chemin, mais qui se met à nos côtés et nous indique la direction.


- Et, à ce point, on ne peut pas ne pas penser au début du « Décalogue », les Dix Commandements, où il est écrit : « Je suis le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la condition d’esclavage : tu n’auras pas d’autres dieux que moi » (Exode 20, 2-3) Nous trouvons ici le sens du troisième élément qui caractérise la « Fête Dieu » : s’agenouiller en adoration devant le Seigneur. Adorer le Dieu de Jésus-Christ, qui s’est fait pain rompu par amour, est le remède le plus valable et le plus radical contre les idolâtries d’hier et d’aujourd’hui. S’agenouiller devant l’Eucharistie est une profession de liberté : celui qui s’incline devant Jésus ne peut pas et ne doit pas se prosterner devant aucun pouvoir terrestre, même fort et puissant. Nous, chrétiens, nous nous agenouillons seulement devant le Très Saint-Sacrement, parce, en lui, nous savons et nous croyons qu’est présent l’Unique et Vrai Dieu, qui a créé le monde, et l’a tellement aimé qu’il a donné son Fils Unique (cf. Jean 3, 16).


L'intégrale de cette homélie est disponible sur ESM




lundi 19 mai 2008

L'Eucharistie et la Vierge Marie

 

La Vierge Marie de l'Euchariste, 1470, Botticelli«Comme l'a affirmé le Concile Vatican II, « la bienheureuse Vierge, elle aussi, avança dans son pèlerinage de foi, et elle a gardé fidèlement son union avec son Fils jusqu'à la croix, au pied de laquelle, non sans un dessein divin, elle se tint debout (cf. Jn 19, 25), compatissant vivement avec son Fils unique, s'associant d'un cœur maternel à son sacrifice et donnant le consentement de son amour à l'immolation de la victime née d'elle; et finalement, elle a été donnée par le Christ Jésus lui-même, mourant sur la croix, comme mère au disciple, par ces paroles: “Femme, voici ton fils” ». (103) De l'Annonciation à la Croix, Marie est celle qui accueille la Parole faite chair en elle et qui va jusqu'à se taire dans le silence de la mort. C'est elle, enfin, qui reçoit dans ses bras le corps livré, désormais inanimé, de Celui qui vraiment a aimé les siens « jusqu'au bout » (Jn 13, 1).

C'est pourquoi, chaque fois que dans la liturgie eucharistique nous nous approchons du Corps et du Sang du Christ, nous nous tournons également vers elle qui a accueilli pour toute l'Église le sacrifice du Christ, en y adhérant pleinement. Les Pères synodaux ont justement affirmé que « Marie inaugure la participation de l'Église au sacrifice du Rédempteur ». (104) Elle est l'Immaculée qui accueille inconditionnellement le don de Dieu et, de cette façon, elle est associée à l'œuvre du salut. Marie de Nazareth, icône de l'Église naissante, nous montre que chacun de nous est appelé à accueillir le don que Jésus fait de lui-même dans l'Eucharistie.»

Citation tirée de Sacramentum Caritatis #33





dimanche 11 mai 2008

Comme dans l'Alliance, (et dans l'amour), la Pentecôte démontre l'initiative de Dieu

 

La Pentecôte indique que Jésus-Christ précède toujours les hommes auxquels il envoie son Esprit : Lui qui La Pentecôtedéclare : « Je vous ai aimés le premier ». Pour cela, l’Église atteste la priorité de Dieu dans la succession des hommes : « En ce qui concerne les chefs de la communauté, Clément explique clairement la doctrine de la succession apostolique. Les normes qui la régissent découlent en ultime analyse de Dieu lui-même. Le Père a envoyé Jésus Christ, qui à son tour a envoyé les Apôtres. Puis, ceux-ci ont envoyé les premiers chefs des communautés et ils ont établi que d'autres hommes dignes leur succèdent. Tout procède donc "de façon ordonnée de la volonté de Dieu" (42). A travers ces paroles, avec ces phrases, saint Clément souligne que l'Église possède une structure sacramentelle et non une structure politique. L'action de Dieu qui vient à notre rencontre dans la liturgie précède nos décisions et nos idées. L'Église est surtout un don de Dieu et non pas notre créature, et c'est pourquoi cette structure sacramentelle ne garantit pas seulement l'organisation commune, mais également la prééminence du don de Dieu, dont nous avons tous besoin » (Benoît XVI, audience générale, 7 mars 2007). C’est pour cela que l’Église Universelle précède et crée une Église particulière (cf. Benoît XVI, Lettre pour le 50° anniversaire du Diocèse de Essen, 16 décembre 2007)

par l’Abbé Nicola Bux et l’Abbé Salvatore Vitiello


Source: ESM

mercredi 7 mai 2008

La fécondité infinie de l'Eucharistie

 

 

«Dans le face-à-face de Jésus et de Marie à la croix, le Saint-Esprit scelle l'unité du sacrifice nuptial partagé et atteste sa fécondité infinie dans la postérité ecclésiale ''commune'' de l'Époux et de l'Épouse, même à l'intérieur de la différence abbyssale entre le Créateur et la créature. Le même face-à-face de l'Époux et de l'Épouse se retrouve dans chaque eucharistie, où le Saint-Esprit engendre et sanctifie les fils de Dieu et de l'Église par la foi de Marie, qui est partagée par les fidèles et par le sacerdoce ministériel. Ainsi, le don eucharistique de l'Époux est confié à l'Épouse et partagé avec l'Église pèlerine qui a besoin de purification, dans l'attente du jour de la pleine communion aux noces de l'Agneau.» (Marc Cardinal Ouellet, Divine ressemblance, Éd. Anne Sigier, 2006, p. 223.)




lundi 7 avril 2008

In persona Christi capitis (En la personne du Christ-Tête)

Citation d'un extrait de Sacramentum Caritatis

 

23. Le lien intrinsèque entre Eucharistie et Sacrement de l'Ordre découle des paroles mêmes de Jésus au Cénacle: « Faites ceci en mémoire de moi » (Lc 22, 19). En effet, Jésus, à la veille de sa mort, a institué l'Eucharistie et fondé en même temps le sacerdoce de la Nouvelle Alliance. Il est prêtre, victime et autel: médiateur entre Dieu le Père et le peuple (cf. He 5, 5-10), victime d'expiation (cf. 1 Jn 2, 2; 4, 10) qui s'offre elle-même sur l'autel de la croix. Personne ne peut dire « ceci est mon corps » et « ceci est la coupe de mon sang » si ce n'est au nom et en la personne du Christ, unique souverain prêtre de la nouvelle et éternelle Alliance (cf. He 8-9). (...) Il est avant tout nécessaire de rappeler que le lien entre l'Ordre sacré et l'Eucharistie est visible précisément dans la Messe présidée par l'Évêque ou par le prêtre au nom du Christ-Tête.

La doctrine de l'Église fait de l'ordination sacerdotale la condition indispensable pour la célébration valide de l'Eucharistie. En effet, « dans le service ecclésial du ministre ordonné, c'est le Christ lui-même qui est présent à son Église en tant que Tête de son Corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur ». De façon certaine, le ministre ordonné « agit aussi au nom de toute l'Église lorsqu'il présente à Dieu la prière de l'Église et surtout lorsqu'il offre le sacrifice eucharistique ». Il est donc nécessaire que les prêtres aient conscience que, dans tout leur ministère, ils ne doivent jamais se mettre au premier plan, eux-mêmes ou leurs opinions, mais Jésus Christ. Toute tentative de se poser soi-même comme protagoniste de l'action liturgique contredit l'identité sacerdotale. Le prêtre est plus que jamais serviteur et il doit s'engager continuellement à être le signe qui, en tant qu'instrument docile entre les mains du Christ, renvoie à Lui. Cela se traduit particulièrement dans l'humilité avec laquelle le prêtre guide l'action liturgique, dans l'obéissance au rite, en y adhérant de cœur et d'esprit, en évitant tout ce qui pourrait donner l'impression d'une initiative propre inopportune. Je recommande donc au clergé d'approfondir toujours la conscience de son ministère eucharistique comme humble service rendu au Christ et à son Église. Le sacerdoce, comme le disait saint Augustin, est amoris officium, est l'office du bon pasteur, qui offre sa vie pour ses brebis (cf. Jn 10, 14-15).





mercredi 2 avril 2008

Eucharistie et communion ecclésiale

 

Citation d'un extrait de Sacramentum Caritatis:


15. L'Eucharistie est donc constitutive de l'être et de l'agir de l'Église. C'est pourquoi l'Antiquité chrétienne désignait par la même expression, Corpus Christi , le corps né de la Vierge Marie, le Corps eucharistique et le Corps ecclésial du Christ. Cette donnée bien présente dans la tradition nous aide à faire grandir en nous la conscience du caractère inséparable du Christ et de l'Église. Le Seigneur Jésus, en s'offrant lui-même pour nous en sacrifice, a annoncé à l'avance dans ce don, de manière efficace, le mystère de l'Église. Il est significatif que la deuxième prière eucharistique, en invoquant le Paraclet, formule en ces termes la prière pour l'unité de l'Église: « Qu'en ayant part au corps et au sang du Christ, nous soyons rassemblés par l'Esprit Saint en un seul corps ». Ce passage fait bien comprendre comment la res du Sacrement de l'Eucharistie est l'unité des fidèles dans la communion ecclésiale. L'Eucharistie se montre ainsi à la racine de l'Église comme mystère de communion.

Autre citation d'un extrait de l'homélie prononcée par Benoît XVI lors de la messe d'aujourd'hui (2 avril 08) célébrée à 10h30 Place St-Pierre à l'occasion du troisième anniversaire (2 avril 05) de la mort de Jean-Paul II:

La messe était effectivement pour lui (Jean-Paul II) le coeur de chaque journée, de toute sa vie, une réalité vive et sainte de l'Eucharistie qui lui donnait l'énergie spirituelle pour guider le Peuple de Dieu.

 

vendredi 21 mars 2008

La Croix, trophée d'une victoire, source de bénédictions et signe de salut

«Le Seigneur est livré à ceux qui le haïssent. Pour insulter sa dignité royale, on l'oblige à porter lui-même Croix de saint François d'Assisel'instrument de son supplice. Ainsi s'accomplissait l'oracle du prophète Isaïe : Il a reçu sur ses épaules le pouvoir. En se chargeant ainsi du bois de la croix, de ce bois qu'il allait transformer en sceptre de sa force, c'était certes aux yeux des impies un grand sujet de dérision mais, pour les fidèles, un mystère étonnant : Le vainqueur glorieux du démon, l'adversaire tout-puissant des puissances du mal, présentait sur ses épaules, avec une patience invincible, le trophée de sa victoire, le signe du salut, à l'adoration de tous les peuples. (...)


Ta croix, ô Christ, est la source de toutes les bénédictions, la cause de toute grâce. Par elle, les croyants tirent de leur faiblesse la force, du mépris reçu la gloire, et de la mort la vie. Désormais, l'unique offrande de ton corps et de ton sang donne leur achèvement à tous les sacrifices, car tu es, ô Christ, le véritable Agneau de Dieu, toi qui enlève le péché du monde. L'ensemble des mystères trouve en toi seul son sens plénier : au lieu d'une multitude de victimes, il n'y a plus qu'un unique sacrifice.»


Citation tirée de La Liturgie des Heures du Vendredi Saint, tome II. Sermon de Saint Léon le Grand pour la Passion, p. 354, 356.