Qui pourrait demeurer indifférent devant un tel cataclysme qui a frappé Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, mardi dernier? Les mots sont impuissants pour décrire cette catastrophe inimaginable. Devant un tel malheur, nous sommes désarmés. Les yeux rivés à la télévision, des images apocalyptiques (réelles, celles-là) nous parviennent d’heure en heure. Les pays du monde entier s’émeuvent et se mobilisent pour porter secours à ce peuple si éprouvé.

Pour sa part, la communauté et l’Association haïtiennes de Québec se sont mobilisées pour venir en aide à leurs compatriotes. L’une des meilleures façons de le faire n’est-elle pas de fraterniser et de se rassembler dans la prière pour implorer le secours et les bénédictions du ciel sur les Haïtiens en détresse? Pour ce faire, en plus de cueillettes de dons, ils ont organisé une célébration eucharistique à l’église St-Dominique, cérémonie qui devait d’abord avoir lieu à la chapelle du pavillon Lemieux de l’Université Laval ou dans un gymnase du Centre Lucien-Borne. Mais grâce à Mme Christiane Gagnon, député de Québec, l’église St-Dominique, plus vaste, a été choisie. L’église était comble. Les gens de Québec ont répondu en grand nombre à l’invitation. De plus, une trentaine de prêtres accompagnaient M. le cardinal.

Pour rien au monde, je n’aurais voulu manquer cette occasion unique de manifester ma sympathie et ma solidarité au peuple haïtien.

De nombreux dignitaires étaient présents à cette célébration eucharistique en hommage aux victimes du séisme : M. Jean-Joseph Moisset, Consul honoraire d’Haïti à Québec, le maire, M. Régis Labeaume, les députés Mme Christiane Gagnon et Mme Agnès Maltais, M. Serge Bélisle, directeur du Service de police de la ville accompagné de quelques policiers dont quelques-uns vêtus de l’uniforme des Nations Unies.

À 20 h, le père Ambroise Gabriel, jésuite haïtien, exprime sa reconnaissance à l’assistance : Même si c’est froid dehors, dit-il,  j’ai chaud au coeur parce que votre présence en si grand nombre traduit la profondeur de l’amitié, de la sympathie, de la compassion et de la générosité que vous avez dans vos coeurs vis-à-vis le peuple, une fois de plus meurtri, d’Haïti. Il joute un merci spécial au cardinal Marc Ouellet d’avoir donné cette ampleur à ce qui devait être, au départ, une simple rencontre. Ensuite, c’est le mot de bienvenue du Père Jacques Marcotte, o.p. curé de la paroisse, puis Mgr l’archevêque s’adresse à la communauté haïtienne : « Nous nous rassemblons comme une grande famille, vivant une épreuve et accompagnant le peuple haïtien capable de chanter malgré l’épreuve. Ensemble, nous allons écouter la Parole de Dieu et nous laisser toucher par son message d’espérance.»

La Parole de Dieu, 1Th 4, 13-18 est particulièrement bien choisie ainsi que le Ps 22. L’évangile du jour Mc 2, 1-12 est proclamé par un diacre haïtien. Toutes ces lectures et l’homélie de M. le Cardinal sont teintées d’une grande espérance.

C’est un malheur sans nom qui frappe ce pays parmi les plus pauvres de la planète. Le peuple haïtien se relèvera de cette catastrophe. Nous l’aiderons, il se relèvera avec une aide accrue de la communauté internationale. L’union fait la force.(...) À cause de Jésus-Christ, nous croyons que ceux qui ont été emportés sont avec le Seigneur. (...) L’épreuve qui frappe Haïti, un peuple voisin ami ne peut nous laisser indifférents...La vie renaîtra de l’amour qui mobilise depuis trois jours tant de bras et tant de coeurs; nous voulons aider Haïti à se relever. Le Seigneur est là dans toute cette compassion qui nous pousse à prier, à partager, à aider à long terme. La voix brisée par l'émotion, il ajoute : Fais, Seigneur, que l’eau parvienne aux assoiffés.(...) Le Seigneur voit la détresse de ce peuple, victime d’une catastrophe naturelle. Ce petit peuple nous étonne et nous édifie par son courage et sa foi. Il se tient debout. (...) Il crie vers nous en criant vers Dieu. Mgr l’archevêque cite Matthieu 25, 31 et le roi dira : en vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l'avez fait.

Après les prières universelles, c’est le défilé des offrandes. Une dame haïtienne a expliqué d’une façon très colorée la signification de chacun des objets offerts. Le drapeau haïtien trônait dans le chœur, drapeau de l’indépendance conquise en 1804. Le rouge signifiant la victoire de la vie sur la mort. Le blanc pour les enfants sous les décombres. Nous sommes un peuple fier, Haïti n’est pas un pays maudit, s’empresse-t-elle de nous dire. Il nous reste à conquérir liberté, démocratie et justice pour tous. Puis,
à l'offertoire, nous écoutons, avec émotion, un bel Ave Maria. La chanteuse a vraiment une voix superbe.

M. le Cardinal annonce que la quête faite lors de la célébration sera donnée à Développement et Paix, un organisme de charité, qui acheminera les dons à Haïti. Il ajoute que les collectes faites samedi et dimanche dans toutes les églises de l’archidiocèse seront aussi données à ce même organisme pour Haïti.

Le très beau chant de Robert Lebel Renaître de l’Esprit, bien approprié pour la circonstance, suit la distribution de la sainte communion.

Après la messe, les dirigeants haïtiens de Québec ont de nouveau manifesté leur reconnaissance pour la sympathie et l’aide apportées à leur peuple. Invitation aux Haïtiens de se rencontrer après la célébration afin de fraterniser et d’échanger des nouvelles.