Aujourd’hui, l’Église célèbre la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem et la purification de Marie. Selon la loi juive exprimée dans le Lévitique 12, 6, les mères devaient présenter leur fils au prêtre et offrir, pour leur rachat, un agneau d’un an en holocauste et un pigeon ou une tourterelle en sacrifice pour le péché. Fidèles à la loi de Moïse, Marie et Joseph allèrent donc au Temple présenter au Seigneur, leur fils Jésus. Ils étaient pauvres, alors au lieu d’apporter un agneau, ils offrent deux tourterelles. L’Agneau sans tache, n’était-ce pas Jésus reposant dans les bras de sa mère toute pure, qui offrira sa vie pour le salut de l’humanité pécheresse? Le bon vieillard Syméon le reçut dans ses bras, bénit Dieu et après avoir chanté son Nunc dimittis, s’adresse aux parents en prophétisant : «… Il doit être un signe en butte à la contradiction, - et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! Comme le cœur de Marie a dû s’interroger en entendant ces paroles concernant l’enfant et elle-même !

Comme bien des fêtes religieuses, la fête de la Présentation de Jésus au Temple, instaurée par le pape Gélase 1er en 472, remplaçait une ancienne fête païenne les Lupercales qui avaient lieu à Rome et dans le monde romain.


Dans mon enfance, on appelait cette fête la Chandeleur, car dans le récit de Luc 2, 32, Syméon qualifie l’Enfant de « Lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » Aujourd’hui, cette appellation s’est estompée, mais la bénédiction des cierges et la procession avec le cierge allumé perdurent. Ce cierge béni est apporté au foyer pour le protéger. L’allume-t-on encore lors des orages, des intempéries ou le place-t-on près des mourants comme autrefois ? Peut-être dans certains endroits en conserve-t-on la tradition ?

Cependant depuis 1997, cette fête de la Présentation prend une coloration particulière pour les consacrés. Le 6 janvier de cette année-là, le regretté Jean-Paul II institue une Journée de la vie consacrée, célébrée le 2 février.

Dans son message pour la 1reJournée de la vie consacrée, le saint Père livre les motifs de l’institution de cette journée. Le but de cette journée, dit-il, est d’abord l’action de grâce « pour le grand don de la vie consacrée qui enrichit et réjouit l’Église par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères.» Le saint Père ajoute ensuite : « La vie consacrée est donc une mémoire vivante du Fils appartenant totalement au Père, qui est vu, vécu et présenté comme unique Amour (c’est cela la virginité), comme unique richesse (c’est cela la pauvreté), comme unique réalisation (c’est cela l’obéissance). Un autre but signalé par Jean-Paul II dans son message « concerne les personnes consacrées elles-mêmes; elles sont invitées à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles; elles sont conviées à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans leur forme de vie, à prendre conscience de leur mission incomparable dans l’Église pour la vie du monde.»


Merci, très cher Jean-Paul II, d’avoir ajouté cette Journée au calendrier liturgique et de nous rappeler toutes les richesses de la vie consacrée ainsi que la responsabilité qui nous incombe dans le monde présent. Puissent de nombreux jeunes répondre aux appels que le Seigneur Jésus continue de multiplier en vue de la prêtrise et de la vie religieuse. Le monde d’aujourd’hui a tant besoin qu’on lui rappelle que le Seigneur est pour l’homme le véritable Amour, la vraie richesse, le chemin de réalisation le plus sûr.