Au Canada, du 24 au 31 janvier 2010, c’est la semaine de prière pour l’unité chrétienne. Habituellement, cette semaine s’ouvre le 18 janvier, car ce jour-là, avant la réforme liturgique, on fêtait la Chaire de saint Pierre à Rome, elle se termine le 25 janvier, fête de la Conversion de saint Paul. Pourquoi a-t-on changé la date au Canada ? Je l’ignore, mais ce que je sais, c’est qu’il faut prier pour que se réalise le désir de notre Seigneur, l’unité des différentes confessions chrétiennes mentionnée par l’évangéliste saint Jean qui nous rapporte la prière du Seigneur Jésus, juste avant son arrestation, le soir du jeudi saint : Je ne te prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, afin que tous soient UN. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient UN en nous.(Jn17, 20-21) Pourtant vingt siècles plus tard, les chrétiens sont encore divisés : orthodoxes, catholiques, protestants, anglicans, etc.

Cependant, bien des efforts sont faits pour répondre à cette prière de Jésus. Au cours des âges, plusieurs personnes ont été sensibilisées par cette rupture. Au XIXe siècle, chez les protestants, un mouvement qui désire faire cesser ces divisions s’amorce. Le pape Léon XIII, en 1894, encourage la pratique de l’Octave de la Prière pour l’unité dans le contexte de la fête de la Pentecôte. En 1908, un pasteur américain, Paul Wattson, persuadé que toutes les Églises devraient être unies à Rome, inaugure la semaine de prière pour l’unité des chrétiens.  En 1910,  une  Conférence  missionnaire  se  réunit  à  Edimbourg dans le but « d’aider les missionnaires à se forger un esprit commun et à coordonner leurs entreprises. » Pour sa part, le pape Benoît XV, en 1916, fait de cette semaine de prière pour l’unité une tradition dans l'Église catholique. Dix ans plus tard, le Mouvement Foi et Constitution commence la publication de Suggestions d'une octave de prière pour l’unité des chrétiens. L’abbé Couturier, dès 1935, donne un nouveau visage à cette semaine de prière déjà en vigueur dans l’Église catholique où l’on prie pour le retour, à l’Église de Rome, des chrétiens séparés. Il propose plutôt à l'ensemble des chrétiens de prier en commun afin que se fasse « l'unité que le Christ veut par les moyens qu'il voudra. » Dans un article sur « l'universelle prière des chrétiens pour l'unité chrétienne », il jette les bases du volet spirituel de l'œcuménisme. C’est vraiment un tournant : dès lors, la semaine pour l’Unité des chrétiens devient universelle. La plupart des chrétiens qu’ils soient catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans ou d'autres confessionnalités prient ensemble pour l’unité.

Les effets de ces prières ne se font pas attendre : de grands pas sont faits. Le pape Jean XXIII crée en 1960, le Secrétariat pour l’Unité des chrétiens. Le Concile Vatican II avec le document Unitatis redintegratio promeut l’œcuménisme. Jean-Paul II continue dans le même sens avec l’encyclique Ut unum sint. Quant à Benoît XVI, il suit les traces de ses prédécesseurs, lui aussi est un grand promoteur de l’œcuménisme.

 Comme cette année 2010 marque le centième anniversaire de la Conférence missionnaire d’Édimbourg, ce sont les Églises d’Écosse qui ont choisi le thème de la semaine : De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins. (Luc 24, 48)

Tout au long de la semaine de l’Unité des chrétiens, le Pape Benoît XVI a insisté  sur le caractère impératif du dialogue avec les autres confessions chrétiennes. Cependant, il précise : Une unité auto-fabriquée serait humaine, mais nous désirons l’Église de Dieu, faite par Dieu qui lorsqu’il le voudra et lorsque nous serons prêts, créera l’unité. Puissent tous les catholiques entendre ces autres paroles de notre cher pape qui nous rappelle que nous sommes tous responsables de l'unité des chrétiens. Ces paroles ont été prononcées à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, à l'occasion  de la semaine pour l’Unité des chrétiens : L’engagement pour l’unité des chrétiens, dit-il,  n’est pas seulement le devoir de quelques-uns, ni une activité accessoire pour la vie de l’Église.