Aujourd’hui, l’Église célèbre la Solennité du corps et du sang du Christ, célébration qu’on appelait, dans mes jeunes années, la Fête Dieu. En évoquant ce mot, que de bons souvenirs remontent en moi ! Je revois la procession, dans la paroisse toute pavoisée en l’honneur de Jésus Hostie, le dais soutenu par quatre porteurs, abritant le prêtre tenant l’ostensoir; trois ou quatre fillettes vêtues de blanc jetant des fleurs devant le St-Sacrement; et de chaque côté du reposoir, à genoux, deux autres fillettes  représentant des anges. La procession partait de l’église et se rendait au reposoir souvent installé devant l’hôpital, situé près de la mer, afin que les malades puissent entendre les prières et les chants. Parfois, le parcours était plus long : le reposoir avait alors été aménagé  à l’est du village vers une grotte de la Vierge sise sur un terrain privé. Les cantiques : Loué soit à tout moment, Jésus au saint SacrementLe voici l'agneau si doux et O Jésus (bis), doux et humble de Cœur, etc. ainsi que  les prières rythmaient la marche du long parcours. Au reposoir, la chorale chantait le Pange lingua, le Tantum ergo, puis c’était la bénédiction avec l’ostensoir, la prière Dieu soit béni et  le Laudate Dominum.


Pourquoi la Fête Dieu ? Cette fête, célébrée le jeudi après l’octave de la Pentecôte, commémore l’institution du sacrement de l’Eucharistie. Elle a été instituée à la suite du miracle de 1263 qui s’est produit à Bolsena : un prêtre de Bohême, Pierre de Prague, a des doutes concernant la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Pendant qu’il célèbre une messe, au moment de la consécration, l’hostie prend une couleur rosée et des gouttes de sang tombent sur le corporal et sur le pavement. Le prêtre interrompt la messe et porte à la sacristie les saintes espèces. Le pape Urbain IV vient alors constater ce qui est arrivé. Par la suite, il institue la fête du Corpus Domini le 8 septembre 1264 et confie à saint Thomas d’Aquin la rédaction des textes liturgiques de cette fête grandiose.


Grâce au pape Jean-Paul II, depuis 1979, on a repris à Rome la traditionnelle procession de la Fête Dieu. Le pape Benoît XVI, pour sa part, continue la tradition. Aujourd’hui, il présidera la messe, à 19 h à la basilique Saint-Jean-de-Latran, puis il suivra la procession eucharistique jusqu'à Sainte-Marie-Majeure en passant par la rue Merulana. En rappelant cette fête, dans son audience du mercredi, 10 juin, il s’est adressé aux jeunes : « Chers jeunes, et vous, en particulier (...) qui avez depuis peu reçu la première communion, que le Sacrement du Corps et du Sang du Christ soit la nourriture spirituelle de chaque jour, pour avancer sur la route de la sainteté ». « Pour vous, chers malades, qu'il soit le soutien et le réconfort dans l'épreuve et dans la souffrance.» a ajouté le pape.

À Québec, nous ferons  aussi la traditionnelle procession, les gens seront peut-être moins nombreux qu’en 2008, lors du Congrès eucharistique international, vous vous souvenez, mais non moins fervents et amoureux de l’Eucharistie.