Le blogue de l'Église catholique de Québec

jeudi 25 juin 2009

IXe Congrès charismatique national (suite)

La journée de samedi s’ouvre sur le beau chant thème composé par M. Jacques Corriveau, président du CCRC (Conseil canadien du Renouveau Charismatique) : « Ami, viens, ne crains pas Ravive en toi le don de Dieu Ouvre grand ta maison L’Esprit viendra rester chez toi. » Six couplets suivent aussi significatifs les uns que les autres. Deux dames, très ardentes, Mmes Gisèle Létourneau et Lise Lafleur, accompagnées des musiciens du Centre Victor Lelièvre, se partagent l’animation des chants et de la prière.


Le Père Michel Vigneau, o.ss.t. très fervent charismatique, accompagné, dans sa formation presbytérale, par le Père Jean-Paul Regimbal - ce n’est pas peu dire - donne l’entretien de l’avant-midi. Mais avant sa conférence, farcie d’humour, le groupe de soutien du CCRC lui impose les mains. Quelle intense prière monte vers le ciel et avec quel recueillement, ils appellent l’Esprit! : « Esprit saint saisis-moi Fais de moi tout ce que tu voudras Tout mon être s’abandonne entre tes mains Saisis-moi. » chantent, en sourdine, les animatrices.

En relation avec le thème du congrès, le Père Vigneau commente saint Paul aux Éphésiens 4, 1-7. L’un de ses commentaires, une affirmation bien théologique, m’a touchée, je n’y avais jamais pensé ; le voici : « Le don de Dieu reçu à notre confirmation, c’est Dieu lui-même. Car Dieu est bien différent de nous : nous, nous pouvons donner des choses qui nous appartiennent, mais sans nous donner nous-mêmes. Tandis que Dieu, lui, n’en est pas capable : quand Dieu donne, Il Se donne. Le Saint Esprit est la 3e personne d’une personne Dieu. Nous ne sommes pas visités par la 3e personne, mais par Dieu. » Il ajoute Dieu qui veut rester en nous, C’est facile de faire l’expérience de Dieu – un passage de Dieu dans notre vie - mais il faut lui demander de rester. « Si je ne vis pas de la vie de l’Esprit saint, si je ne vis pas comme une personne habiteé par la vie de Dieu, je suis tiède, etc….»


Une autre affirmation très percutante : au Québec, on est en train de mettre la vie religieuse dans les musées. Moi, je ne veux pas être dans le musée. Il faut se souvenir de nos racines chrétiennes. Puis il nous rapporte une anecdote bien triste : un guide dit aux touristes qui visitaient une très belle église désaffectée : « Ça servait d’église dans le temps où le peuple du Québec pratiquait, avait la foi. » Le jeune guide aurait certainement parlé autrement s’il avait assisté au Congrès où étaient réunis un millier de personnes assoiffées de manifester leur foi. Puis, le père Michel nous entretient de l’espérance.


Une eucharistie chantée par M. l’abbé Jean Brassard, membre du CCRC, clôt la matinée. En après-midi, un enseignement, aussi captivant que le premier, nous est livré par Mme Évelyn, en préparation de la soirée où il y aura effusion de l’Esprit. Nous sommes aussi invités à nous présenter, bien librement, au sacrement de la réconciliation et au ministère de guérison.


Le témoignage de Sr Carmelle Daigle nous a bien impressionnés. Celle-ci a été guérie miraculeusement de la maladie de Parkinson, à la suite d’une prière qu’elle avait écrite à Jean-Paul II, qui venait à peine de nous quitter, et de l’imposition des mains par son groupe charismatique. Une soirée de prière, animée par le Groupe du CCRC suit. Je retiens particulièrement l’invitation qui nous fut lancée avec fougue par Mme Ollivier : « Soyez des pyromanes pour allumer le feu de l’Esprit. FEU ! FEU ! FEU ! Proclamez ma Parole avec FEU. »


Dimanche avant-midi, le Père Vigneau nous sert un enseignement magistral suivi d’une Eucharistie très priante célébrée par Mgr Luc Cyr, répondant du

Renouveau charismatique auprès de l’Assemblée des évêques du Québec. Puis nous nous dispersons, enflammés, répandre le Feu de l’Esprit et la Bonne Nouvelle que nous sommes aimés en Jésus-Christ.

lundi 22 juin 2009

IXe congrès charismatique national

Vraiment, le Seigneur me gâte, je me sens privilégiée. Après avoir vécu la si belle fête eucharistique de jeudi dernier, voilà que vendredi, je participe au congrès charismatique qui se tenait au Pavillon de la Jeunesse d’ExpoCité, là où l’an dernier siégeait le Pavillon François de Laval.


Ce IXe Congrès veut souligner l’anniversaire des 35 ans du 1er Congrès national francophone du Renouveau charismatique qui se tenait à l’Université Laval en juin 1974. Le thème choisi pour ce Congrès-ci : « Ravive en toi le don de l’Esprit » (2 Tm 1,6) fut très bien exploité par les deux animateurs de renom que sont le Père Michel Vigneau, o.ss.t. et Mme Évelyn Ollivier.

 
Dès vendredi soir, Madame Ollivier nous a électrisés, c’est le moins que je puisse dire. C’est une Femme de feu acquise au Renouveau depuis 1978. « Le thème d’un Congrès n’est jamais donné au hasard, nous dit-elle, c’est Dieu qui parle dans la Bible. » Puis elle enchaîne sur les causes qui éteignent en nous le don de l’Esprit. Elle nous entretient longuement de la tiédeur : ses causes, ses manifestations et ses remèdes.


Le plus pratique, pour vous et pour moi, est sûrement de savoir comment guérir de la tiédeur. Voici les neuf moyens que nous donne Mme Ollivier.


1. La prière personnelle avec Dieu
2. Éliminer l’activisme spirituel
3. Demander à l’Esprit-Saint le don de crainte de Dieu pour éviter le péché
4. Adoration eucharistique qui enlève l’indolence, la tristesse. « Dieu est un buisson ardent. »
5. Se consacrer chaque jour à l’Esprit-Saint par le Veni Creator
6. Pratiquer le sacrement de réconciliation
7. Pratiquer le « merveilleuxthérapie » - s’émerveiller des œuvres de Dieu
8. Renouveler la prière de l’effusion de l’Esprit-Saint
9. L’imposition des mains, c’est une vitamine spirituelle

Pour clore cette belle soirée et nous stimuler davantage, elle ajoute : C’est Dieu qui vous a choisis, il a besoin de chacun de vous. « Dieu veut créer du neuf aujourd’hui en nous. » Puis un message donné à l’assemblée « Je t’invite à te laisser enflammer par l’Esprit-Saint.

À suivre...





jeudi 18 juin 2009

Fête eucharistique

Après cette grandiose célébration eucharistique à la basilique-cathédrale, la procession s’ouvre avec un chant, qui nous rappelle bien des souvenirs : Don de Dieu.  Les bannières représentant les Saints et Bienheureux canadiens, qui ont accueilli, dans leur vie, l’Eucharistie comme don de Dieu pour la vie du monde, nous accompagnent.(photo) L’Arche de la Nouvelle-Alliance, qui  porte le Très Saint Sacrement exposé dans l’ostensoir fabriqué spécialement pour le CEI 2008, ferme la marche. Tout au long du trajet, je ressens parmi les marcheurs une piété intense soutenue par des chants et des supplications bien appropriés.

Un premier arrêt de dix minutes environ, au jardin de l’Hôtel de Ville. N’est-ce pas pour se retrouver au jardin avec Jésus, le vrai pain descendu du ciel ? Là, après avoir rendu grâces à Jésus Eucharistie, et proclamé la Parole de Dieu (Jn 3, 16), unis à la voix de l’animateur, nous lui présentons toutes les souffrances provoquées par la crise économique ici, au Québec, comme dans le monde entier. Ensuite, l’animatrice entonne En marchant vers le Père. Toujours sous le regard de Jésus Hostie et avec Lui, la marche reprend ponctuée d’invocations et du cantique Venez à moi vous qui peinez, vous qui ployez sous le fardeau, et moi, je vous soulagerai. Une autre parole de Dieu (Luc 11, 1-4) est proclamée, puis, c’est le beau chant du Notre Père suivi de prières d’intercession entrecoupées par le refrain Vienne ton règne de Robert Lebel. Rendu à la Croix du Sacrifice, le cortège s’arrête quelques minutes, Monsieur le Cardinal prie en union avec toutes les personnes souffrantes du Diocèse et en communion avec les membres de la base militaire de Valcartier réunis au Mont Thabor, avec les moniales, pour adorer le Très Saint Sacrement. En signe de compassion, six grosses bougies, représentant les six régions pastorales du Diocèse sont déposées au pied de la Croix. De ferventes prières pour les familles des militaires et spécialement pour celles des soldats tombés au champ d’honneur montent vers le ciel. Pendant la proclamation des béatitudes (Mt 5, 1-11), le cortège se dirige vers la Colline parlementaire tout en chantant Bienheureux, bienheureux. L’animateur continue la lecture du texte (Mt 5, 14-17) « Vous êtes la lumière du monde. » Ensuite, le cardinal Ouellet allume son flambeau au cierge pascal et remet cette flamme aux 24 délégués des régions pastorales qui la distribuent à ceux qui forment le cortège. Puis c’est le chant Lumière et paix en nos cœurs nous t’acclamons Jésus-Christ. À travers la Parole de Dieu proclamée, (Mt 25, 35-40) le jugement dernier, nous intercalons le refrain Dieu, tu as les paroles de vie éternelle.



Ces paroles de Dieu et ces refrains les accompagnant comme elles sont bien choisies et tout à fait à propos ! Félicitations à tous ceux et celles qui ont préparé cette magnifique Fête eucharistique !


Puis après un appel au recueillement pour reconnaître dans notre vie l’une des présences de Jésus dans ces petits qui sont nos frères, une autre Parole de Dieu : le grand commandement de l’amour (Jn 15, 15; 13, 34) et le refrain : Je voudrais qu’en vous voyant vivre Étonnés les gens puissent dire : Voyez comme ils s’aiment Voyez leur bonheur. Suit le dialogue entre Moïse et le peuple (Ex, 24, 3) accompagné du refrain déjà chanté : Dieu, tu as les paroles D’alliance éternelle. Puis, le rappel de la vie des premiers chrétiens, qui mettaient tout en commun, (Ac 2, 42, 44, 45) nous interpelle. Le cortège s’unit ensuite aux prières de louange au Dieu très saint, si généreux pour nous, en chantant Loué sois-tu, Seigneur Jésus!


Suivi du cortège, le Saint-Sacrement s’avance près de la Fontaine de Tourny, face à la colline parlementaire. L’eau bouillonnante de cette fontaine ne nous rappelle-t-elle pas  la source d’eau vive qu’est Jésus ?  Alors, nous chantons : Aux sources de la vie, nous venons puiser.


Tout en cheminant, devant le parlement, c’est toute une litanie de prières que nous présentons au Seigneur en faveur de nos dirigeants politiques et des différents intervenants de la société ainsi que les problèmes auxquels ils ont à faire face.

Pour clore cette procession de la Fête-Dieu, nous nous arrêtons à la Place d’Youville, nommé ainsi en souvenir de la première sainte née en terre canadienne. (photo)Un reposoir y est installé pour recevoir le Saint-Sacrement. Des Sœurs de la Charité, portant un flambeau bien élevé,(photo) accueillent le cortège en formant une haie face au reposoir. L’hymne O Jesu, adoramus te, O Christe acclame Jésus-Hostie et se prolonge pendant l’encensement du Saint-Sacrement par le cardinal Ouellet.(photo) Un mot de reconnaissance et d’action de grâce de la part du Cardinal, pour l’œuvre sociale des Sœurs de la Charité est suivi du très beau chant Que tes œuvres sont belles. Sœur Odile Lessard poursuit l’action de grâce en rappelant les œuvres sociales de cette belle congrégation qui fête cette année le 160e anniversaire de son arrivée à Québec.


De nombreuses invocations de louange et d’action de grâce ponctuées par le refrain Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus s’élèvent de nos cœurs. Après l’adoration, le salut au Saint-Sacrement, où revient le magnifique chant du CEI 2008, et la déposition du Saint-Sacrement, le Cardinal bénit des petits pains de solidarité et au chant de Allez, je vous envoie, procède à l’envoi des délégués par région puis de la foule. Il nous invite aussi à être pain de vie à l’instar de nos fondateurs. Les 12 Sœurs de la Charité, qui accueillaient la foule, portent les corbeilles contenant les petits pains et les distribuent à la foule.


Quelle magnifique soirée, j’ai vécue. Le Cœur de Jésus a sûrement été consolé !

mardi 16 juin 2009

Anniversaire de l'arrivée de Mgr de Laval à Québec

16 juin 2009
Le saviez-vous, chères gens de Québec, aujourd’hui précisément, c’est le 350e anniversaire de l’arrivée en sol québécois de Mgr François de Laval, évêque de Pétrée, nommé 1er évêque de ce diocèse ? Comme présage de toute l’œuvre apostolique de ce missionnaire au cœur de feu, de cet habile administrateur, de ce grand bâtisseur, le jour même de son arrivée, il baptise un petit huron, né en ce jour et administre le sacrement des malades à un jeune huron mourant. Plus tard, il baptisera Garagonthié, le grand chef iroquois.

À l’occasion de cet anniversaire mémorable, j’ai le privilège insigne d’assister aux laudes solennelles chantées dans la basilique-cathédrale Notre-Dame. Monsieur le cardinal Marc Ouellet préside cette célébration. Accompagné à l’orgue - ce qui rehausse la cérémonie - le chant des psaumes est dirigé par M. l’abbé Corriveau. De nombreux prêtres, des agents et agentes de pastorale, des laïcs oeuvrant aux services diocésains, répondent à l’invitation du Cardinal et rendent hommage à l’illustre Mgr de Laval. Ils se joignent ainsi aux Chanoines du Chapitre1 qui, chaque matin, chantent les Laudes.

Quelle belle célébration ! Une douce paix enveloppe l’atmosphère. Toute l’assemblée répond à l’animateur en chantant les strophes appropriées. Aucune discordance.

La monition qui suit la procession d’entrée est un extrait du catéchisme de saint Jean-Marie Vianney adressé aux enfants, mais ne sommes-nous pas tous un peu enfant ? « Si vous ne devenez comme des enfants, a dit Jésus…» Quelle profondeur, quelle vérité dans ces paroles que j’ai le goût de vous partager ! « Voyez, mes enfants… vous priez, vous aimez : voilà le bonheur de l’homme sur la terre ! Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. » Puis une dernière réflexion : « Je pense souvent que, lorsque nous venons adorer Notre Seigneur, nous obtiendrions tout ce que nous voudrions, si nous le lui demandions avec une foi bien vive et un cœur bien pur. »

Dans son homélie, Monsieur le Cardinal rappelle quelques faits héroïques de Mgr de Laval. Il souligne aussi l’ouverture anticipée de l’Année sacerdotale, décrétée par le pape, à l'occasion du 150e anniversaire de la mort du saint curé d'Ars. Celle-ci s’ouvrira,  à Rome, vendredi 19 juin, à l’occasion de la fête du Sacré-Cœur de Jésus. Le Cardinal nous souhaite que cette année soit une année de renouveau et de grâce de sainteté. L’évangile de ce matin ne nous y exhorte-t-il pas : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.» ? Il nous cite en exemple le saint curé d’Ars, patron des prêtres qui nous montre la voie. « Il appartenait à la prière, respirait la prière,  nous dit-il, la prière était sa vie. » 

Pour le chant du Notre Père, l’oraison et la bénédiction finale, nous nous rendons à la suite du Cardinal au tombeau du Bienheureux François de Laval.

Après cette magnifique célébration, Mgr Vézina, vicaire général, nous invite à fraterniser ensemble au Musée de l’Amérique française, en prenant un petit déjeuner, qui nous est gracieusement offert.

_______________________________

[1] Ce Chapitre, composé de douze chanoines, créé le 6 novembre 1674, par Mgr de Laval, avait comme rôle, à l’époque, de l’assister dans l’administration de son très vaste diocèse qui s’étendait alors de l’Acadie à la Nouvelle-Orléans. Aboli en 1774 par le gouverneur anglais, il resurgit en 1914. Aujourd’hui, le Chapitre exerce surtout un ministère de prière par la célébration quotidienne de l’Office divin et de l’Eucharistie au chœur. Il entoure l’évêque lors des célébrations qu’il préside à la basilique de Québec.

lundi 15 juin 2009

Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Jeudi, 11 juin 2009
Cette année encore, la Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ a été célébrée solennellement dans notre belle ville de Québec, prélude de la Fête eucharistique qui se tiendra du 11 au 14 juin dans les différentes paroisses du diocèse. Dès 18 h, dans la basilique cathédrale toute parée, le cardinal

..

Marc Ouellet, accompagné des trois évêques auxiliaires du diocèse et d’un évêque du Bénin, célèbre l’Eucharistie. Des paroissiens et des fidèles venus des différentes régions pastorales du diocèse remplissent la basilique. De nombreux prêtres placés en avant du maître-autel participent à la cérémonie. Une atmosphère de paix nous enveloppe. Comme toujours la magnifique chorale facilite le recueillement et la prière. Sœur Ghislaine Houde dirige l’assemblée. La séquence Lauda Sion chantée a capella, en français, par M. l’abbé Corriveau porte vraiment à l’intériorité. Le chant de l’Alléluia me fait vibrer, on se croit au paradis… Quelle magnifique mélodie !
Pendant son homélie, M. le cardinal souligne quelques fruits du Congrès eucharistique international 2008, dont le nouveau portail ECDQ.tv qui produit de magnifiques reportages sur l’Église diocésaine. Il nous invite aussi à recourir au divin sacrement d’amour : « N’avons-nous pas dans la sainte Eucharistie une réserve inépuisable d’amour, d’unité et d’espérance destinée à tous ? » À la fin, il lance un vibrant « appel spécial à l’unité et à la convergence de toutes les forces vives de l’Église qui cheminent sur notre territoire. Que la grâce d’unité qui jaillit de l’Eucharistie rapproche les communautés paroissiales, les communautés religieuses et tous les mouvements qui cultivent la foi et l’engagement de leur membre. Il ajoute : « Nous ne pouvons plus fonctionner en isolement. »
À suivre…

jeudi 11 juin 2009

La Fête-Dieu

Aujourd’hui, l’Église célèbre la Solennité du corps et du sang du Christ, célébration qu’on appelait, dans mes jeunes années, la Fête Dieu. En évoquant ce mot, que de bons souvenirs remontent en moi ! Je revois la procession, dans la paroisse toute pavoisée en l’honneur de Jésus Hostie, le dais soutenu par quatre porteurs, abritant le prêtre tenant l’ostensoir; trois ou quatre fillettes vêtues de blanc jetant des fleurs devant le St-Sacrement; et de chaque côté du reposoir, à genoux, deux autres fillettes  représentant des anges. La procession partait de l’église et se rendait au reposoir souvent installé devant l’hôpital, situé près de la mer, afin que les malades puissent entendre les prières et les chants. Parfois, le parcours était plus long : le reposoir avait alors été aménagé  à l’est du village vers une grotte de la Vierge sise sur un terrain privé. Les cantiques : Loué soit à tout moment, Jésus au saint SacrementLe voici l'agneau si doux et O Jésus (bis), doux et humble de Cœur, etc. ainsi que  les prières rythmaient la marche du long parcours. Au reposoir, la chorale chantait le Pange lingua, le Tantum ergo, puis c’était la bénédiction avec l’ostensoir, la prière Dieu soit béni et  le Laudate Dominum.


Pourquoi la Fête Dieu ? Cette fête, célébrée le jeudi après l’octave de la Pentecôte, commémore l’institution du sacrement de l’Eucharistie. Elle a été instituée à la suite du miracle de 1263 qui s’est produit à Bolsena : un prêtre de Bohême, Pierre de Prague, a des doutes concernant la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Pendant qu’il célèbre une messe, au moment de la consécration, l’hostie prend une couleur rosée et des gouttes de sang tombent sur le corporal et sur le pavement. Le prêtre interrompt la messe et porte à la sacristie les saintes espèces. Le pape Urbain IV vient alors constater ce qui est arrivé. Par la suite, il institue la fête du Corpus Domini le 8 septembre 1264 et confie à saint Thomas d’Aquin la rédaction des textes liturgiques de cette fête grandiose.


Grâce au pape Jean-Paul II, depuis 1979, on a repris à Rome la traditionnelle procession de la Fête Dieu. Le pape Benoît XVI, pour sa part, continue la tradition. Aujourd’hui, il présidera la messe, à 19 h à la basilique Saint-Jean-de-Latran, puis il suivra la procession eucharistique jusqu'à Sainte-Marie-Majeure en passant par la rue Merulana. En rappelant cette fête, dans son audience du mercredi, 10 juin, il s’est adressé aux jeunes : « Chers jeunes, et vous, en particulier (...) qui avez depuis peu reçu la première communion, que le Sacrement du Corps et du Sang du Christ soit la nourriture spirituelle de chaque jour, pour avancer sur la route de la sainteté ». « Pour vous, chers malades, qu'il soit le soutien et le réconfort dans l'épreuve et dans la souffrance.» a ajouté le pape.

À Québec, nous ferons  aussi la traditionnelle procession, les gens seront peut-être moins nombreux qu’en 2008, lors du Congrès eucharistique international, vous vous souvenez, mais non moins fervents et amoureux de l’Eucharistie.

vendredi 5 juin 2009

Premier vendredi du mois

Aujourd’hui, vendredi 5 juin 2009, c’est le premier vendredi du mois. De plus, juin est le mois consacré au Sacré-Cœur. Ça vous dit quelque chose ? Avez-vous entendu parler des promesses du Cœur de Jésus à sainte Marguerite-Marie, visitandine ?

Celle-ci attirée par la vie religieuse depuis son enfance, visite plusieurs couvents, en entrant dans celui de la Visitation de Paray-le-Monial, une voix intérieure lui aurait dit : « C’est ici que je te veux ». Le Sacré-Cœur lui apparaît à plusieurs reprises. En1675, durant l'octave de la fête du Saint-Sacrement,  Jésus lui a montré son Cœur en disant : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes… ». En 1688, un premier vendredi du mois, Notre-Seigneur lui dit la 12e des promesses : « Je te promets, dans l'excessive miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf mois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu'ils ne mourront point dans ma disgrâce ni sans recevoir leurs sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré aux derniers moments ».  Le Pape Benoît XV a encouragé la pratique des communions réparatrices des neuf premiers vendredis du mois, en l'honneur du Sacré-Cœur.

Chez nous à la Maison Mère-Mallet, (maison de la Soupe populaire et de l’Accueil), sise près du carré d’Youville, cette belle dévotion au Cœur de Jésus est encore bien vivante. Chaque 1er vendredi du mois, le Saint-Sacrement est exposé à l’adoration des fidèles de 14 h à 16 h 30 suivie de la Célébration eucharistique. Le 19 juin, lors de la fête du Sacré-Cœur, la porte de la chapelle située rue Richelieu sera ouverte de midi à 16 h 30. Alors, vous êtes invités à venir nombreux adorer le Cœur de Jésus exposé sur l’autel. Sœur Georgette Duquet, responsable du Centre de l'Heure de Présence au Coeur de Jésus, vous accueillera avec joie.

Les Pères Oblats, fidèles à la tradition léguée par le bon Père Lelièvre, fêtent le Sacré-Coeur le 1er vendredi du mois. Cette année, à 19 h 30, ils se rendront à l’église de la paroisse huronne Wendake pour cette belle cérémonie. Il ne faudrait pas que l’église soit moins remplie que ne l’était le Colisée lors du CEI 2008 et des célébrations qui avaient lieu autrefois au Colisée en l’honneur du Sacré-Cœur où l’assistance très nombreuse chantait : « Prions, prions, prions le Sacré-Cœur, etc… »

 

 

jeudi 4 juin 2009

Fête de la Sainte Trinité

Gloire à Dieu le Père, alléluia ! Gloire à Dieu le Fils, alléluia !Gloire à Dieu l’Esprit, alleluia !
Cantique à la très Sainte Trinité que bien des chrétiens vont chanter dimanche prochain, car le 7 juin, l’Église fête la Sainte Trinité.
Quand j’étais jeune, je me suis posé bien des questions au sujet de la sainte Trinité. Parmi les mystères que nous apprenions pour nous préparer à la première communion, il y avait le mystère de l’Incarnation, de la Rédemption et le premier des mystères, celui de la Sainte Trinité. J’avais appris dans le petit catéchisme1 qu’il n’y a qu’un seul Dieu et voilà que la Sainte Trinité, c’est le mystère d’un seul Dieu en trois personnes. Un seul et trois personnes, sans que cela fasse trois Dieu, mais, comme cela se pouvait-il ? On me répondait : « C’est un mystère ». J’avais appris aussi qu’« Un mystère est une vérité que nous ne pouvons pas comprendre, mais que nous devons croire parce que c’est Dieu qui l’a révélée. » Alors, cela n’altérait en rien ma foi d’enfant. Le révérend Père curé nous racontait aussi l’histoire de saint Augustin. Peut-être la savez-vous ? Mais je ne puis céder à la tentation de vous la raconter de nouveau. Un jour, celui-ci, en se promenant sur le bord de la mer, réfléchissait au mystère de la Trinité et cherchait à le comprendre. Soudain, il aperçoit une enfant qui, ayant fait un trou dans le sable, se promène de la mer au trou en versant dans celui-ci l’eau apportée dans sa coquille. Intrigué, notre penseur lui demande : « Que fais-tu là ? Et l’enfant de répondre : « J’essaie de mettre toute l’eau de la mer dans mon trou. » Tu ne réussiras jamais, lui dit Augustin car la mer est beaucoup trop grande. C'est vrai, répliqua l'enfant. Mais j'aurai pourtant mis toute l'eau de la mer dans mon trou avant que vous n'ayez compris le mystère de la Sainte Trinité. Puis l’enfant disparut. Le grand saint Augustin comprend alors que Dieu lui a envoyé son ange pour lui faire comprendre qu’il y a des mystères divins, des vérités si profondes que l’intelligence humaine limitée ne peut les saisir complètement. Cette histoire me fascinait, car je demeurais près de la mer et jouais souvent sur la grève.

Le même saint Augustin, ce Père de l’Église, qui a inspiré les Constitutions de bien des congrégations religieuses, écrit dans ses Œuvres complètes : « Il y a dans l’homme, qui est l’image de Dieu, une espèce de trinité, à savoir : l’âme, la connaissance que l’âme a d’elle-même et l’amour qu’elle a pour elle-même et pour sa propre connaissance ; et ces trois choses sont égales entre elles et de la même essence. Il prend bien soin d’ajouter que « L’existence de Dieu se comprend avec le cœur et non avec l’intelligence.»

Comme j’aime beaucoup mieux les explications des prédicateurs, aujourd’hui, quand ils nous parlent du mystère qui est une vérité tellement profonde qu’on n’aura jamais fini de la scruter !...


Dans son audience de mercredi, le pape Benoît XVI rappelle aux jeunes que dimanche, l’Église célèbrera la fête de la Très sainte Trinité. À cette occasion, il leur souhaite que la contemplation de mystère trinitaire les introduise toujours plus dans l’amour divin.

1. Le catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal et Ottawa approuvé le 20 avril 1888.

mardi 2 juin 2009

Ordination épiscopale

Le 24 mai 2009, j’ai eu l’insigne honneur d’assister à la consécration épiscopale de deux nouveaux évêques en la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré. Quelle mémorable journée ! Quel cadeau de Dieu reçoit l’archidiocèse de Québec, en les personnes de Mgr Paul Lortie et de Mgr Gérald Cyprien Lacroix ! À cette occasion, la basilique était comble : on avait même ajouté des rangées de chaises dans le transept pour les prêtres. Des invités de partout, dont des dignitaires civils et religieux, étaient venus partager la joie et l’action de grâces des deux élus. M. le Cardinal Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique pour le Canada et Mgr Bruce Alexandre Stavert, archevêque anglican de Québec et vingt- trois évêques rehaussaient la cérémonie.

Le concile de Nicée ayant précisé qu'il fallait la présence d'au moins trois évêques pour une ordination épiscopale, Monsieur le Cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat du Canada, était le principal consécrateur tandis que Mgr Maurice Couture, s.v. archevêque émérite de Québec et Mgr Gilles Lemay, évêque auxiliaire de Québec étaient les co-consécrateurs.

Pendant le magnifique chant d’ouverture Chante le Seigneur mon âme, la procession d’entrée se met en marche. Puis au nom des Pères rédemptoristes, le révérend père André Morency souhaite la bienvenue au sanctuaire de Sainte Anne.

Je vous fais grâce de toute la cérémonie, vous pouvez la visionner sur le portail de ECDQ.tv, je me bornerai à donner le sens de certains rites propres à l’ordination.

Après le Veni creator, c’est l’engagement des deux prêtres choisis pour l’épiscopat. Vient ensuite un moment très impressionnant de la cérémonie : les ordinands sont allongés face contre terre ; ce geste appelé prostration est le « signe du don total de soi au Christ. » Pendant ce temps de prière très intense, quelques chantres entonnent la litanie des saints. Suit la liturgie de l’ordination, cœur de la célébration : sur la tête des deux ordinands agenouillés, M. le cardinal, coiffé de sa mitre, et tous les évêques présents viennent, tour à tour, imposer leurs mains, en silence sur le front des ordinands. Ce geste symbolise « la transmission de l’Esprit Saint et la réalisation de la succession apostolique. » Puis le livre des Évangiles ouvert est placé sur leur tête, c’est un « signe de soumission à la Parole de l’Évangile et de la charge qu’ils reçoivent de l’annoncer aux autres. » Pendant ce temps, deux diacres soutiennent le livre durant toute la prière d’ordination. M. le Cardinal commence seul cette prière, tous les évêques la poursuivent avec lui, mais il la conclut seul.

Puis Mgr Ouellet oint, avec le Saint Chrême, la tête de chacun des ordonnés agenouillés devant lui. Cette onction signifie que « l’Esprit Saint imprègne tout leur être et les pénètre de sa grâce pour leur nouvelle mission et leur participation au sacerdoce du Christ. »

Mgr Lortie et Mgr Lacroix, toujours agenouillés, reçoivent, des mains du Cardinal, l’Évangile qu’ils ont mission de prêcher avec une grande patience et le souci d’instruire.

La cérémonie se poursuit par la remise des insignes de l’évêque, objets symboliques : l’anneau, la mitre, la crosse. L’anneau épiscopal passé au doigt des évêques est le signe de leur fidélité à l’Église. La mitre, autre symbole visible des évêques, signe de l’appel à la sainteté, représente la couronne de gloire. La crosse évoque la mission de pasteur et est un signe de l’autorité qui revient aux évêques dans l’accomplissement de leur devoir : veiller sur le troupeau, le guider, le soigner.

Finalement, pendant le chant de Lucien Deiss, L’Esprit de Dieu repose sur moi, tous les évêques présents, rayonnants de joie, se succèdent devant Mgr Lortie et Mgr Lacroix pour leur donner le baiser de paix, signe de communion fraternelle entre les nouveaux évêques et leurs frères dans l’épiscopat. Les deux nouveaux ordonnés prennent place, l’un à droite, l’autre à gauche du Cardinal.

La liturgie eucharistique se poursuit. Parmi les dons offerts, on présente les armoiries de Mgr Lortie Gaudium et Pax, Joie et Paix, sa devise; puis ceux de Mgr Lacroix Mane nobis cum, Domine, Reste avec nous, Seigneur, sa devise. Ensuite deux membres de la Société biblique canadienne offre une Bible à chacun des deux nouveaux ordonnés.

Lors de la distribution de la sainte communion, un rappel du CEI 2208 : le cantique toujours très émouvant, Don de Dieu pour la vie. Puis Mgr Ventura, nonce apostolique, s’adresse à l’assemblée. Vient ensuite un moment très attendu : Mgr Lortie et Mgr Lacroix radieux circulent dans l’allée centrale pour donner leur bénédiction avant que chacun d’eux nous adresse la parole dans une brève allocution.

Après la célébration, l’assemblée est invitée à partager un léger goûter et à offrir leurs félicitations aux deux nouveaux évêques.

Quelle cérémonie solennelle, grandiose, à couleur de Paradis ! M. le Cardinal avait bien raison de nous dire qu’« une ordination épiscopale, c’est une Pentecôte, une Pentecôte individuelle qui saisit la personne élue, la consacre et l’établit à la tête du peuple de Dieu en lui conférant la plénitude du sacrement de l’ordre. »  L’Esprit saint a certainement soufflé sur toute l’assemblée présente en ce beau dimanche de l'Ascension.

1. Le concile de Nicée, qui eut lieu du 20 mai au 25 juillet 325, fut le premier concile dit oecuménique ou universel, c'est à dire ouvert aux patriarches ou évêques d'Antioche, de Jérusalem, d'Alexandrie et de Constantinople, ainsi qu'aux évêques du monde entier.